CHANTIER 02
Santé, école, services publics
Le même accès aux soins et à l'école, que l'on habite en centre-ville ou
à quarante kilomètres. Ce chantier ne promet pas plus de moyens partout : il
promet des moyens là où ils manquent, et des comptes sur leur usage.
Version de travail proposée au débat citoyen. Les points marqués « en débat » seront arrêtés dans le document complet, publié à l'issue des ateliers de la rentrée.
Plan déserts médicaux : installation temporaire obligatoire en zone sous-dotée
Des millions de Français n'ont plus de médecin traitant. Les incitations
financières seules ont montré leurs limites depuis vingt ans. Nous
proposons qu'une période d'exercice en zone sous-dotée (temporaire,
encadrée, rémunérée en conséquence) fasse partie du début de carrière,
comme c'est déjà le cas dans d'autres professions de santé régulées.
En contrepartie : logement facilité, conditions
d'exercice collectives (maisons de santé), et un vrai calendrier de
sortie. L'obligation est un pont, pas une punition.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La durée de la période obligatoire, les spécialités concernées, et les
contreparties exactes, en concertation avec les internes et les ordres,
pas contre eux.
Revalorisation des soignants et des enseignants indexée sur l'inflation
Le point d'indice gelé pendant des années a fait décrocher les
rémunérations de ceux dont le pays dépend le plus. L'indexation sur
l'inflation n'est pas une faveur : c'est la fin d'une baisse de salaire
silencieuse reconduite chaque année.
Le coût est réel et sera publié : c'est une dépense
assumée de ce programme, pas un détail caché en note de bas de page. Elle
se finance en partie par la simplification administrative des deux
secteurs : moins de formulaires, plus de temps de soin et de classe.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le rythme de rattrapage du décrochage accumulé, au-delà de
l'indexation courante.
Vingt élèves par classe au maximum en éducation prioritaire
C'est une des rares mesures éducatives dont l'effet est solidement
documenté : réduire la taille des classes là où les difficultés se
concentrent change les trajectoires. Les dédoublements déjà menés en CP
et CE1 le confirment. Nous proposons d'étendre le principe à tous les
niveaux de l'éducation prioritaire.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le calendrier de montée en charge, contraint par le recrutement : un
plafond à 20 ne vaut que si les enseignants sont recrutés et formés, ce
qui renvoie à la mesure précédente.
Guichet public de plein exercice garanti en zone rurale
La dématérialisation a fait des économies en les reportant sur ceux qui
ne peuvent pas suivre. Un pays où il faut soixante kilomètres pour
déposer un dossier n'a pas simplifié : il a abandonné.
Ce que nous proposons : un point d'accueil physique polyvalent
par commune ou groupement de communes. Un guichet unique qui traite
mairie, CAF, retraite, impôts et titres, adossé au réseau France services
existant mais avec du pouvoir de traitement réel, pas seulement de
l'orientation.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le maillage exact (par commune ou par bassin de vie) et le socle
minimal de démarches traitables sur place.
Rendre 30 % de temps de soin et de temps de classe
Les soignants et les enseignants ne manquent pas seulement de moyens :
on leur vole leur temps. Reportings, dossiers, formulaires : chaque camp
promet de simplifier, personne ne le mesure.
Ce que nous proposons : un objectif chiffré de réduction des
tâches administratives : doublement des assistants médicaux, décharge
administrative complète des directeurs d'école, suppression des
reportings redondants. Et l'indicateur qui change tout : une enquête
annuelle publiée sur le temps réellement passé à soigner et à enseigner.
Si le chiffre ne bouge pas, la mesure a échoué, et ce sera écrit.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La liste des obligations supprimées en premier, établie avec les
intéressés, pas avec leurs administrations centrales.
Santé mentale : remboursement effectif et prévention à l'école
Six à dix-huit mois d'attente dans un centre médico-psychologique pour
un adolescent qui va mal : voilà l'état réel de la santé mentale,
déclarée « grande cause » sans que les délais bougent.
Ce que nous proposons : un remboursement des psychologues
sans parcours dissuasif, des centres médico-psychologiques renforcés en
priorité pour les enfants et adolescents, et un repérage organisé à
l'école. La pénurie de psychiatres est réelle : le calendrier affiché
sera honnête, quitte à déplaire.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le tarif de la consultation remboursée, négocié avec la profession,
et la répartition des renforts entre CMP et libéral.
Hôpital : sortir du tout-tarification à l'activité
Payer l'hôpital au volume d'actes a produit ce que ce système rémunère :
des actes.
Les services qui préviennent, coordonnent ou gèrent les maladies
chroniques y perdent ; les fermetures de lits se sont décidées sur des
tableurs, loin des besoins.
Ce que nous proposons : un financement mixte (parcours de
soins, dotation territoriale, activité) et la réouverture ciblée de lits
là où les fermetures ont créé des ruptures de prise en charge, sur
données publiées territoire par territoire.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La pondération entre les trois étages de financement, à écrire avec
des soignants hospitaliers, et la carte des réouvertures prioritaires.
Grand âge : la loi que tout le monde promet, jamais votée
Tous les camps promettent une loi grand âge depuis 2017 ; aucun ne l'a
votée. Pendant ce temps, des établissements tournent avec un soignant
pour dix résidents au moment des repas.
Ce que nous proposons : un ratio minimal de soignants par
résident en Ehpad, des contrôles inopinés renforcés avec résultats
publiés établissement par établissement, et un vrai statut pour les
aidants familiaux. Le coût (des dizaines de milliers de recrutements)
sera affiché en face, avec son financement : c'est une dépense assumée
de ce programme.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le niveau du ratio et son calendrier, contraints par le recrutement
et la formation ; le partage entre solidarité nationale et contribution
des successions les plus élevées.
Petite enfance : une solution d'accueil garantie
Sans place en crèche ni assistante maternelle, c'est presque toujours la
carrière de la mère qui s'arrête. L'égalité professionnelle commence par
un mode de garde.
Ce que nous proposons : un service public de la petite
enfance montant en charge sur le quinquennat : à terme, une solution
d'accueil garantie pour chaque enfant, en commençant par les territoires
qui n'ont aujourd'hui aucune offre. La condition de réussite est la même
que pour l'école et l'hôpital : revaloriser les professionnelles de la
petite enfance, dont le métier est en pénurie.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le rythme de montée en charge, la place respective des crèches
publiques, associatives et des assistantes maternelles, et le
financement avec les communes (règle du chantier 04 : pas de compétence
sans budget).
École : remplacement sous 48 heures et autonomie évaluée
Des millions d'heures de cours perdues chaque année faute de
remplaçants : pour un élève fragile, quelques semaines sans professeur
ne se rattrapent pas.
Ce que nous proposons : tout professeur absent plus de 48
heures est remplacé, avec un vivier de remplaçants dimensionné et
rémunéré pour cela. Et pour les équipes qui le souhaitent, une autonomie
de projet élargie (pédagogie, organisation, budget), à une condition
non négociable : les résultats sont évalués et publiés. L'autonomie sans
évaluation est un slogan ; l'évaluation sans autonomie, une punition.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le statut et la rémunération du vivier de remplaçants, et le périmètre
exact de l'autonomie (le recrutement par les directions fait débat chez
les enseignants : il sera tranché avec eux).
Congés de naissance et parental : un vrai choix, décemment indemnisé
Un parent qui s'arrête aujourd'hui pour élever son enfant touche
459,69 € par mois : c'est la PreParE, montant 2026. Résultat connu : le
recours s'est effondré, ceux qui le prennent sont presque uniquement
des mères, et l'éloignement de l'emploi devient durable. Le congé
supplémentaire de naissance créé en 2026 (deux mois par parent à 70 %
puis 60 % du salaire) va dans le bon sens, mais s'arrête au moment où
le problème commence : avant l'entrée en crèche. Le paradoxe est
difficile à défendre : la collectivité laisse filer chaque année des
milliards de fraude à l'assurance maladie, et indemnise 459 € par mois
le parent qui élève un enfant. Ce programme fait les deux dans le même
mouvement : récupérer l'argent de la fraude (chantier 01), et le mettre
là où il manque.
Ce que nous proposons : prolonger la logique du congé de
naissance au lieu de la stopper net. Le parent qui souhaite garder son
enfant jusqu'à une solution d'accueil est indemnisé en proportion de
son salaire, et non avec 459 € forfaitaires ; le partage entre les deux
parents est encouragé, et le congé paternité devient réellement
opposable, intégralement remboursé aux TPE pour lever la pression à
« ne pas le prendre ». Avec la garantie petite enfance de ce chantier,
cela ferme la boucle : une place d'accueil ou un congé décent, un
vrai choix dans les deux sens.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La durée totale indemnisée au taux proportionnel, le taux et le
plafond exacts, et le coût affiché en face, en comptant ce que les
pays qui l'ont fait constatent : un retour à l'emploi plus rapide et
mieux partagé entre les parents.
Sources des chiffres cités. PreParE à 459,69 € par mois : montant CAF en
vigueur en 2026. Congé supplémentaire de naissance (deux mois par parent,
indemnisés à 70 % puis 60 % du salaire net) : loi de financement de la
Sécurité sociale pour 2026, applicable depuis juillet 2026. Délais
d'attente en centre médico-psychologique : rapports parlementaires et
professionnels récents. Effet de la réduction des effectifs par classe :
évaluations des dédoublements CP-CE1 par la DEPP (ministère de
l'Éducation nationale).