CHANTIER 04
Institutions et sécurité
Rendre du pouvoir de décision aux citoyens et raccourcir les délais qui
les épuisent. La défiance ne se combat pas par la communication : elle se
combat par des institutions qui répondent.
Version de travail proposée au débat citoyen. Les points marqués « en débat » seront arrêtés dans le document complet, publié à l'issue des ateliers de la rentrée.
Référendum d'initiative citoyenne dès 700 000 signatures
Le référendum d'initiative partagée actuel est verrouillé au point de
n'avoir jamais abouti. Nous proposons un seuil atteignable (700 000
signatures, à peu près 1,5 % du corps électoral), avec un contrôle de
constitutionnalité en amont et un délai de débat parlementaire avant le
vote, pour que le référendum tranche un texte mûri, pas un slogan.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le périmètre exact (quelles matières sont référendables), la question
du RIC abrogatoire, et les garanties contre l'instrumentalisation par des
groupes organisés.
Délais de jugement plafonnés, moyens concentrés sur la justice du quotidien
Une affaire familiale qui attend dix-huit mois, un litige du travail qui
en attend trente : la lenteur est devenue un déni de justice ordinaire.
Nous proposons des délais cibles opposables par type de contentieux,
publiés juridiction par juridiction, et les moyens qui vont avec,
concentrés sur la justice du quotidien plutôt que sur de nouvelles lois
pénales que les tribunaux n'ont pas les moyens d'appliquer.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Les délais cibles par contentieux et le plan de recrutement greffiers
et magistrats correspondant, chiffré dans le document complet.
Transfert réel de compétences et de budget aux communes
Les maires sont les élus en qui les Français ont le plus confiance, et
ceux à qui on a le plus retiré de moyens d'agir. Chaque décentralisation
passée a transféré des charges sans transférer les ressources. Nous
proposons la règle inverse et simple : pas de compétence transférée sans
le budget correspondant, constaté par un organisme indépendant.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Les compétences prioritaires à décentraliser et le sort des strates
intermédiaires : la simplification du millefeuille est posée sur la
table, sans tabou.
Reconstitution des filières critiques : santé, énergie, numérique
La pandémie puis les crises énergétiques l'ont montré : dépendre
entièrement de l'étranger pour les médicaments essentiels, les composants
énergétiques ou l'hébergement de nos données publiques est une question
de sécurité nationale, pas de doctrine économique.
Ce que nous proposons : une liste publique des dépendances
critiques, un objectif de relocalisation ou de diversification par
filière, et la commande publique (chantier 01) comme levier d'amorçage.
Pour le numérique public : des solutions souveraines ou européennes par
défaut.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La liste initiale des filières et le véhicule de financement :
participations publiques, garanties, ou commandes pluriannuelles.
La proportionnelle aux législatives
Des millions d'électeurs n'ont aucun député qui pense comme eux, et les
majorités se fabriquent dans des couloirs. Le scrutin actuel arrange les
deux grands blocs successifs : c'est bien pourquoi rien ne change.
Ce que nous proposons : élire l'Assemblée nationale à la
proportionnelle, pour que chaque voix compte et que les coalitions se
négocient avant le vote, publiquement, plutôt qu'après, en coulisses.
Une candidature sans parti n'a aucun intérêt d'appareil dans cette
réforme : c'est peut-être la meilleure raison de la lui confier.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Dose forte ou intégrale, prime majoritaire ou non, seuil d'accès :
trois architectures sont à l'étude.
Un vrai statut de l'élu local
Plus d'un millier de maires démissionnent par mandature. Agressions,
responsabilité juridique écrasante, indemnités dérisoires dans les
petites communes : on demande tout aux maires, on ne leur garantit
rien.
Ce que nous proposons : protection juridique et physique
renforcée, indemnités dignes dans les petites communes, droit à la
formation et au retour à l'emploi après le mandat. Sans maires, plus de
République de proximité : ce statut est la contrepartie logique de la
décentralisation proposée dans ce chantier.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le barème d'indemnités par strate de commune et son financement,
écrit avec les associations d'élus.
Casier vierge pour être candidat
Un condamné pour corruption peut aujourd'hui se représenter devant les
électeurs. Chaque affaire qui le permet abîme un peu plus la confiance
dans tous les autres élus, honnêtes dans leur immense majorité.
Ce que nous proposons : nul ne peut se présenter à une
élection après une condamnation pour atteinte à la probité : corruption,
détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts.
La confiance ne se décrète pas : elle se garantit.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le véhicule juridique : inéligibilité systématique en peine
complémentaire, ou révision constitutionnelle. Les deux chemins sont
documentés, avec leurs délais.
Sécurité du quotidien : présence sur la voie publique, peines exécutées
Des policiers passent leurs journées derrière des écrans de procédure
pendant que les habitants ne voient plus d'uniforme dans la rue. Et des
milliers de courtes peines prononcées ne sont jamais exécutées : la
sanction annoncée qui n'arrive pas, c'est la pire école de l'impunité.
Ce que nous proposons : redéployer policiers et gendarmes
des tâches administratives vers la voie publique, avec un objectif
chiffré et publié par département ; simplifier la procédure pénale ; et
exécuter réellement les peines prononcées, avec les places et les
alternatives encadrées correspondantes. La ligne de ce programme n'est
pas la surenchère pénale : c'est l'exécution de ce qui est déjà décidé,
cohérente avec les délais de jugement plafonnés de ce chantier.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le partage entre nouvelles places de prison et alternatives
encadrées (bracelet, travaux d'intérêt général), chiffré dans le
document complet.
Asile et immigration : décider en six mois, exécuter, intégrer par le travail
Le statu quo ne satisfait personne : des demandes d'asile qui traînent
des années, des décisions de retour massivement inappliquées, et ceux
qui ont vocation à rester maintenus dans l'attente au lieu d'apprendre
le français et de travailler. Ce désordre-là nourrit tous les
extrêmes.
Ce que nous proposons : toute demande d'asile tranchée,
recours compris, en moins de six mois ; les décisions de retour
réellement exécutées, ce qui suppose des moyens et des accords
diplomatiques assumés ; et pour ceux qui restent, l'accès rapide au
travail et au français, parce qu'une intégration réussie se mesure,
elle aussi. Sur ce sujet plus qu'ailleurs : publier les chiffres réels,
avant de promettre quoi que ce soit.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Cette mesure sera écrite avec des maires confrontés au sujet et des
associations de terrain : moyens de l'OFPRA et de la CNDA, contenu du
parcours d'intégration, critères des régularisations par le travail.
Défense : un effort assumé, produit en France, sans dépendance subie
Le monde s'est réarmé ; la question n'est plus de savoir s'il faut un
effort de défense, mais qui en profite et qui en décide. Un budget qui
augmente pour acheter sur étagère à l'étranger renforce la protection à
court terme et la dépendance à long terme.
Ce que nous proposons : augmenter le budget de la défense
dans une loi de programmation de dix ans, révisable sur données
publiques, à une condition : que l'effort revienne d'abord à
l'industrie française et européenne (munitions, drones, maintenance,
composants). Et comme pour les filières critiques de ce chantier : une
liste publique des dépendances envers les autres puissances (équipements sous contrôle d'exportation
étranger, composants, hébergement des données militaires), avec un
calendrier de sortie.
Quand l'équivalent français n'existe pas à court terme, ce sera écrit,
et la préférence sera européenne.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
La cible budgétaire exacte et son financement : ce que l'effort
décale ailleurs sera affiché en face, pas caché dans le déficit.
Intelligence artificielle : la maîtriser, pas la subir
L'intelligence artificielle redistribue la puissance entre les nations,
comme l'électricité ou le pétrole l'ont fait en leur temps. Les modèles
les plus avancés, les puces et les centres de calcul sont aujourd'hui
concentrés entre les mains de deux puissances, les États-Unis et la
Chine. Un pays qui n'a ni capacité de calcul, ni modèles, ni maîtrise de
ses données ne décide plus : il utilise, aux conditions des autres. La
question n'est pas d'aimer ou de craindre cette technologie, mais de
savoir qui la contrôle.
Ce que nous proposons : inscrire l'intelligence
artificielle en tête des filières critiques de ce chantier, avec des
objectifs vérifiables : une capacité de calcul publique et européenne,
un soutien assumé aux modèles français et européens, et l'hébergement
souverain des données publiques, de santé et militaires. Dans les
services publics, l'IA servira à rendre du temps aux agents, jamais à
les remplacer par un guichet muet, avec deux règles simples : chaque
administration publie les usages qu'elle en fait, et aucune décision
concernant un citoyen n'est entièrement automatisée sans recours humain.
Enfin, la formation : à l'école, dans les administrations et pour les
reconversions, parce que la souveraineté commence par les compétences.
EN DÉBAT DANS LES ATELIERS
Le véhicule de l'effort (participations publiques, commandes,
coopérations européennes), l'articulation avec le cadre européen
existant, et la liste des usages publics prioritaires. Ce chantier
sera écrit avec les praticiens du secteur, nombreux en France.
Sources des chiffres cités. Démissions de maires (plus d'un millier par
mandature) : Association des maires de France et ministère chargé des
collectivités territoriales. Délais de jugement moyens (affaires
familiales, prud'hommes) : références statistiques du ministère de la
Justice. Seuil de 700 000 signatures : environ 1,5 % du corps électoral
(Insee). Publication des parrainages depuis 2017 : Conseil
constitutionnel.